Oui, car ce matin on est vendredi. Pour beaucoup, signifiant proche du week-end. Pour moi : c'est le jour le plus attendu à cause.. De mon cours de guitare ! C'est le seul cours que j'attende avec impatience de la semaine, car ce n'est pas n'importe quel cours mais : le cours de Mr Revaix. Oui, ça y'est, vous êtes entrain de me prendre pour n'importe quelle ado débile en 'kiff' sur son professeur.. Et ben figurez-vous que.. Je n'ai nullement à me justifier ! Cela fait deux ans que je le connais, deux ans que je..

- Liliiiiiii !
- Oui c'est bon ! C'est bon !

Pas le temps de m'attarder plus longtemps. Traînant les pieds, je me sors de mes pensées et me prépare. Quelques minutes plus tard, je comate jusqu'à la cuisine puis après m'être forcée à avaler trois miettes, je sors direction le lycée. C'est comme ça que chaque journée de ma vie d'ado de 17 ans débute.. Du moins, débutait, jusqu'à aujourd'hui. J'avance. Pessimiste ? Oh non, au contraire.. Mais on ne pense jamais au virage que la vie pourrait emprunter sans que l'on l'ait décidé.

# Posté le mercredi 09 avril 2008 12:15

Modifié le samedi 12 juillet 2008 13:51

Nous y voilà. Cette grande bâtisse aux murs jaunes n'est autre que le lieu où je passe maintes et maintes journées cloîtrée; étonnamment c'est presque devenu mon chez moi vu le temps que j'y passe: mon lycée. Chaque matin en passant ces portes j'ai l'impression de toujours croiser des gens que je n'ai jamais vu. C'est étonnant comme on ne fait pas attention à ceux qui vivent autour de nous. C'est sûrement dans nos gènes, cet égoïsme plus ou moins récessif. Je salue deux ou trois connaissances d'un signe et m'engouffre dans le bâtiment. Après avoir traversé quelques étages je finis par tomber sur celui voulu; ma salle de musique n'est plus qu'à quelques mètres quand je m'arrête dans le creux d'un mur.

- Alors tu as déménagé ? Demanda une femme à la plastique bien trop parfaite.
- Oui. Dans le nouveau quartier, tu sais les immeubles qui viennent d'être terminés. Répondit une voix d'homme que je reconnus instantanément.
- Ah oui ! Les nouvelles résidences ! C'est vrai que c'était le moment rêvé pour toi de changer d'endroit..
- Oui. Tu as tout compris. Répondit celui-ci avec un petit sourire.
- Je tiens à être à ta crémaillère, n'oublis pas de m'inviter ! Ricana la jeune femme.

Riant à son tour, il lui donna son adresse qu'elle jura de retenir (dans son petit cerveau), et alors qu'elle s'en allait, la sonnerie retentit. Une sonnerie qui sonna plus durement que je ne voulus l'admettre à mes oreilles.

# Posté le samedi 10 mai 2008 07:01

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 14:14

Forçant mon cerveau à reprendre le dessus, je rentrai dans la salle. Dos à moi, il farfouillait un instrument. Après l'avoir regardé quelques secondes, je signalai ma présence d'un bonjour un peu obscur.

- Te voilà ! Dit il en se retournant. Tu vas bien ?

J'hochai la tête et m'assis en face de lui, comme toujours, attrapant ma guitare sans plus le regarder. A mon tour, je trifouillai mon petit bijou en tachant de rester calme tandis qu'il semblait étonné et me fixait avec un sourcil gracieusement levé. Il lui avait donné son adresse, il s'attendait à ce que je le félicite ?!

- Bon et bien comme tu as l'air d'avoir hâte de jouer, commençons ! Lança-t-il tout sourire.

Je ne réussis qu'à moitié à relever la commissure de mes lèvres, particulièrement agacée et bien trop occupée à chasser de mon esprit le fait que ce sourire n'était sûrement pas dû à ma seule présence. Les hommes sont vraiment tous pareils.. Imbécile.

# Posté le samedi 10 mai 2008 07:01

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:22

J'avais un peu espéré que celui-ci ne serait pas de mise; mais il fallait dire aussi que les femmes n'étaient pas mal non plus dans leur genre. Montrer leurs atouts et séduire leurs proies étaient leur quotidien. Qu'est ce que j'espérai, qu'il refoule son instinct de mâle pour mes beaux yeux ? .. Je sens que je vais vomir.

- Joue moi un petit morceau pour t'échauffer un peu.

Sortant de mes pensées, je m'exécutai, après lui avoir lancé un regard malicieux (et peut être un peu moqueur), revêtant le masque que je m'étais forgée lorsque je jouais : ce masque imperturbable qui me permettait de rentrer entièrement dans les chansons que j'interprétai et de les faire passer dans chaque parcelle de mon corps. Quand j'eus fini à la perfection Hotel California des Eagles* et qu'il m'ait congratulé, il me proposa quelque chose d'inespéré :

- Don't let me down* à deux guitares. Tu es ok ?
- Je n'attends pas mieux. Répondis-je les yeux brillants.

Quand le morceau débuta et qu'il commença à chanter, j'en oubliais tout l'évènement de la matinée. Je vous épargne le refrain du "il est différent" blablabla.. Pourtant, je me souviendrai probablement de cette journée toute ma vie, voilà ce que je m'étais dis en contemplant cet homme à cet instant précis. Qui se serait douté que cette vérité serait atrocement plus douloureuse qu'elle n'en avait l'air ?

Mon Jarod avec la voix de Kelly haaan . . . . . . . *___* \bave/

# Posté le samedi 10 mai 2008 07:01

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:23

***
Et voilà. Après cet instant au parfum d'Eternité, la vie avait repris son cours habituel..lement barbant. Qu'est ce que je pouvais haïr de rester le cul sur une chaise à écouter la même voix morne qui déblatère des mots techniques propre à sa matière toute la journée. Ouais, l'Ecole en gros, vous avez deviné. Quoi, comment ça c'est IMPORTANT ? Ah mais je n'ai jamais dit le contraire.. Mais je le pense. Pour moi, c'est pas comme ça qu'on apprend, c'est juste comme ça qu'on se fait conditionner. C'est comme ça qu'on rentre dans un gentil petit moule pré-formé à l'avance pour les gens qu'on est sensé devenir à la sortie. On appelle ça aussi plus communément "un cursus scolaire". Moi, là seule chose que ça m'a vraiment appris, c'est à détester les tableaux noirs. (Avouez vous n'aimez pas non plus la craie qui grince dessus à vous en faire mal aux dents) Les enseignants vous prennent toujours dans le mauvais sens, c'est à dire vous foutes face au mur avec une pile monstre de truc à ingurgiter. Admettons que je sois trop pessimiste, peut être que je n'ai pas eu de chance. Mordillant mon stylo, je flâne. Mon regard à moitié assoupi se promène sur ses longs murs jaunes comme un lézard le ferait entre les fissures dans le plâtre. J'aimerai bien être un lézard, c'est tranquille. Bronzer sur des pierres toute la journée, j'avoue c'est le pied quand on y pense. Bon, ne nous égarons pas. J'allais m'endormir pour de bon quand la sonnerie signant la délivrance daigna retentir. Cette sonnerie, la dernière sonnerie que j'entendrai..

# Posté le samedi 10 mai 2008 07:02

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:24