En sortant, une main me toucha l'épaule. Je me tournai, me retrouvant face à deux grands yeux verts cernés de noir et encadrés de grandes mèches muticolores, et reconnus alors Kyra.

- Hey Lili, je t'attendais. M'annonça-t-elle, joviale. Tu as quelque chose de prévu ce soir ?

Je la regardai un instant, un sourire mesquin s'étendant sur mes lèvres.

- Non. Mais toi oui, et tu veux que je vienne. Alors, quel plan foireux vas-tu me proposer cette fois ? Me moquai-je.
- Oh arrêtes, ne me dis pas que tu ne m'as toujours pas pardonné le bar gay ?
- Si si, celui là je te l'ai pardonné.. Lui dis-je avec un clin d'oeil complice, repensant aux beaux mecs qui.. Heu bref.
- C'est notre excursion sur l'île qui n'en était pas une alors ? Rit-elle.
- Ca, c'est sûr que mon jean gris ne l'a pas oublié ! Répliquai-je avec une fausse grimace. Bon alors, je t'écoute, vas-y expose.

Elle avait prévu d'après elle un truc du tonnerre. On se retrouverait sur les berges du fleuve vers 23h, apparemment avec tout ce qu'il faut pour passer une bonne soirée, et aussi, rajouta-t-elle avec un sourire aguicheur, quelques beaux morceaux. Evidemment, elle me força à accepter, bien que j'aurai dit oui même sans la menace de son regard tueur.

# Posté le jeudi 29 mai 2008 11:09

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:25

Malgré mon tempérament socialement incompatible avancé, comme toutes les ados de mon âge, je sortais régulièrement me défoncer avec toute une bande de gens dans la même situation que moi : dehors pour se foutre une grosse race et rien de plus. C'est ce qui se nomme "la génération des jeunes d'aujourd'hui". Et pourquoi m'embêter à me distinguer ? Pas d'raison. Je la regarde partir en me disant un "a ce soiiiiiiir" enjoué, puis je me remets en marche. Kyra et moi, c'est quelque chose de.. Spécial. C'est disons huuum : de l'amitié à intermittence. Ce terme pompeux signifie que oui nous sommes amies, certes, mais jamais en dehors des sorties. Bizarre hein ? En réalité, c'est à cause de moi. Depuis deux ans, je ne m'attache plus à personne. Depuis Lucky. Ouais Lucky, vous vous dîtes sûrement que c'est mon-petit-ami-qui-m'-a-brisé-le-coeur-et-détruit-intérieurement. Non, Lucky, c'était juste tout. C'était le confident, celui qui me faisait rire à n'importe quel moment, celui qui assurait mes arrières en toutes circonstances, celui qu'était toujours là. Mais Lucky n'est plus de ce monde. Lucky est mort pendant les vacances qui précédaient notre rentrée en seconde. Et moi, depuis que je suis ici, je ne m'attache plus qu'à ma musique. Sur la route du retour, je laissais mes pensées voler jusqu'à lui, un petit sourire triste flottant aux lèvres. Ca y est, on tombe dans le mélodrame. De toute manière, je n'ai plus longtemps à attendre.

# Posté le mercredi 18 juin 2008 08:25

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:27

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[13 janvier; 18h17.]

+ JAROD +

[ X ]

Sur son lit, il joue. Il ne vit que pour ça. Ce son est comme les battements de son coeur : c'est le rythme qui le maintient en vie. Et il pense. Il pense à elle, il pense à lui. Il pense à sa journée où il a fait ce qu'il aimait. Et il cherche. Il cherche comment sortir de cet engrenage dans lequel il est accroché. Il cherche comme arrêter la machine avant de se faire happer. Mais le temps se joue de lui, aussi bien qu'il joue avec les notes de sa compagne de toujours. Il a 24 ans, il est si jeune mais il porte déjà la souffrance d'un vieil homme. Ecrasé par le poids de chaque seconde, comme si la dernière était pour demain, comme si d'un moment à l'autre le fil pouvait se rompre. Et il y a elle, aussi. Cette jeune virtuose de la guitare. Liliana. Il sourit. Cette petite a un caractère bien trempé, elle lui fait penser à lui. Quand il la regarde, il a l'impression de voir Atlas, comme si dans ses traits étaient peints la souffrance de la Terre entière qu'elle porte sur ses épaules. Ses doigts dérapent sur les cordes tandis qu'il se laisse choir sur le dos. Un soupir. C'est injuste. Elle aussi est bien trop jeune pour vivre avec ce poids en équilibre sur son corps frêle, mais elle le supporte sans broncher. Lui n'est qu'un idiot qui se lamente.

# Posté le mercredi 18 juin 2008 08:39

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 21:41

- Pourquoi n'ai-je pas été pris, moi aussi ?

Il a mal. Il tremble. Puis la honte s'ajoute à son lot de misère. A-t-il le droit de penser ça ?

- Et toi, Liliana, te le demandes-tu parfois ? Achève t-il de prononcer d'une voix qui se meurt dans un soupir.

Une boule s'est formée dans sa gorge. Il ferme les yeux. Il ne veut plus penser à rien. Lentement, son esprit s'évade et le sommeil à pas de loup s'immisce tout doucement entre ses soupirs. Il finit par sombrer. Traîtrement, tout afflue et explose dans son crâne. Une rivière de souvenirs l'emporte, loin, bien loin d'ici. Et, tandis que son souffle se fait de plus en plus rauque, son univers se transforme en une mer déchaînée de cauchemars nés des tréfonds de son âme tourmentée.

# Posté le mercredi 25 juin 2008 10:04

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:28

~ TRANSITION.

~ TRANSITION.
***

___La Mort, c'est la fin. Quand le voile se déchire et que l'autre côté apparaît au grand jour. Lumière au bout du tunnel, ou Styx déchaîné, menant aux grilles de la grande Rédemption. Royaume empirique des disparus, connoté à douleur, chagrin, solitude, injustice.. Mais n'est ce pas beau au fond d'accomplir sa destinée ? Comme l'aboutissement de quelque chose, partir certes, mais continuer à vivre dans les mémoires et les coeurs.
Aimez vous à croire qu'il y a quelque chose au terminus du train qui nous a porté tout au long de notre existence ? Croyez vous que l'on renaisse de nos cendres, après avoir été incinéré à l'achèvement de notre Vie ? Ou que notre âme rejoint tout simplement la grande place terminale, aux côtés de ceux qui nous ont quittés auparavant ?
Ce n'est pas la Mort, c'est le Néant qui effraie.

" Chuuut allez, les Anges sont là pour faciliter votre passage.. "____

# Posté le dimanche 29 juin 2008 13:52

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:29