Mes yeux cherchèrent d'abord les siens avant de se poser sur la lame qu'il venait d'enfoncer dans mon flan. Ma première réaction fut de la frapper avec la main qui serrait le petit briquet dans sa paume. Titubant en arrière, je vis le sang jaillir quand la lame se retira et que l'homme perdit l'équilibre sous mon coup. Le plus étonnant dans l'histoire, c'est que je n'étais pas vraiment surprise, je ressentais juste une colère immense envers cet homme que j'avais bêtement laissé me berner. Le jaugeant froidement, je voulus parler mais une impulsion saisit mon corps et je fis volte face. Vers où, vers quoi, je ne me posais même pas la question ; ce drôle d'instinct qui m'avait habité venait de reprendre le dessus, ou alors était-ce la peur? Malgré la douleur se diffusant dans tout abdomen en même temps que le sang chaud s'échappant de la plaie, je me mis à courir.
Autour de moi, les rues devinrent floues comme si je m'étais trouvée dans un manège des parcs d'attractions. Subitement, les étoiles si belles ce soir furent englouties dans le noir du ciel et remplacées par des tâches blanches, dansant devant mes yeux. La nuit, glaciale, devint étouffante, et mes tempes me lancèrent douloureusement. C'était peut être à cause de mon état comateux que je ne reconnus pas tout de suite où, sans y avoir vraiment réfléchi, j'étais arrivée. Apercevoir ce perron, inconnu mais pourtant familier, me donna la force de grimper les marches et, apercevant le nom désiré, j'appuyais sur le bouton de la sonnette en me laissant choir contre le mur, pressant la plaie de toutes mes forces dans l'espoir de tenir le coup jusqu'à ce que sa voix retentisse.

# Posté le mercredi 06 août 2008 05:26

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:36

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[13 janvier; 00h01.]

+ JAROD +

« Biiiiiiiiiiip ! Bip biiip biiiiiiiiiip ! »

La sonnette résonna plusieurs fois dans la pièce avant qu'il ne comprenne que ce n'était pas un rêve et qu'il devait se lever pour aller ouvrir. Chancelant sous la brusquerie de son réveil, il défroissa ses vêtements rapidement avant de se diriger tranquillement vers la porte, baillant ostensiblement. Depuis plusieurs jours, ses nuits étaient difficiles et le sommeil le rattrapait dans les moments où il s'y attendait le moins, comme celui-ci par exemple. En jetant un coup d'oeil à l'horloge qui trônait dans l'entrée, il se rendit compte qu'il n'avait en fait dormi qu'une toute petite heure. Mais, en soi, ce n'était pas si mal puisque cela se classait dans les records de la semaine. Il ouvrit la porte, se retrouvant face à une jeune fille, appuyée contre le mur.

- Voilà votre pizza m'sieur, ça vous fait 8 euros 30 siouplait !

# Posté le mercredi 06 août 2008 05:36

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 14:09

Mâchant son chewing-gum d'une façon provocante, elle saisit le billet qu'il lui tendit puis lui fourra la pizza dans les mains pour lui rendre la monnaie avant de s'en aller en lui lançant un "bonne soirée m'sieur" qu'il savait automatique chez elle et auquel il ne répondit même pas. Claquant la porte, il resta plusieurs minutes sur le seuil à loucher sur la pizza qu'elle venait de lui donner puis, inconstant, la déposa dans la cuisine sans y toucher avant d'entreprendre de retourner s'étendre sur son pieu.

- Je commande des pizzas en pleine nuit... Je ne dois plus avoir toute ma tête. Grommela-t-il avant de se laisser tomber sur le ventre sur son matelas.

Il n'eut même pas le temps de refermer les yeux que la sonnette résonna une fois encore.

- Quoi, elle a oublié la sauce piquante ? Soupira-t-il en se traînant de nouveau jusqu'à la porte.

C'était une journée comme les autres aujourd'hui. Le matin il avait fait cours puis était rentré chez lui. Comme toujours, il s'était réfugié dans sa musique pour ensuite s'endormir de nouveau tôt, épuisé par ses nuits de cauchemars. Et, comme d'habitude, il avait encore rêvé d'elle. A son réveil, il avait encore commandé une pizza en pleine nuit, comme il le faisait à chaque fois qu'il n'avait pas le coeur à allumer le gaz de peur de ne plus vouloir l'éteindre ensuite. Les journées bizarres de ce genre se succédaient depuis trois années, ça commençait à le connaître. Il s'en fichait royalement de la sauce piquante, ce n'était pas ça qui viendrait pimenter sa vie, pensa-t-il ironiquement en se dirigeant vers l'entrée. Tout ce dont il a besoin, c'est d'une raison de combattre. Toujours dans ses pensées, il ouvrit la porte et baissa les yeux sur la jeune fille qui se tenait sur le seuil, adossée au mur.

# Posté le mercredi 06 août 2008 05:44

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 07:11

# Posté le jeudi 21 août 2008 06:34

Modifié le samedi 27 septembre 2008 16:28

Il ne sentit même pas le sol quand il s'écrasa, ni le poids du corps de Liliana qui tomba sur lui. Tellement de choses se bousculaient dans sa tête qu'il ne parvenait pas bien à réaliser ce qui se passait. Pourquoi était-elle devant chez lui, et qui plus est pleine de sang ? Qui lui avait fait ça ? Comment l'avait-elle trouvé ? Allait-elle... Vraiment mourir ? Ce fut comme s'il se prenait un camion en pleine face. Se pliant sur un coude, il l'allongea sur le sol tandis qu'elle poussait un petit gémissement plaintif consécutif à la douleur. Posant la tête de la blessée sur ses genoux, il écarta ses mains de son abdomen qui laissèrent apparaître une profonde entaille.

- Qui .. Qu'est ce qui s'est passé ?! Dit-il en tachant de contenir sa peur.
- Un vieux barje.. M'a demandé du feu et.. Il a sorti un couteau.. Répondit-elle en tentant de rassembler ses esprits.
- Presse bien sur la plaie avec tes mains même si c'est un peu douloureux.. Murmura t-il après avoir poussé un juron bien senti.

Il attrapa son portable, composa le numéro des urgences et la regarda tandis qu'une première sonnerie résonnait à l'autre bout. Son coeur se serra. Elle était là, dans ses bras, toute frêle, toute pâle, toute tremblante.. Il aurait bien pensé aussi toute belle, si seulement une profonde plaie ne barrait pas son abdomen en libérant son fluide vital, et si une grimace de douleur ne durcissait pas ses traits. La lumière du clair de lune lui donnait un teint encore plus livide qu'il ne l'était, lui conférant une sorte de linceul bien avant l'heure : car oui, elle ne devait pas mourir ce soir. Il ne laisserait pas les choses se passer comme ça !

# Posté le jeudi 21 août 2008 09:44

Modifié le samedi 03 octobre 2009 17:18